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Saturday, February 24, 2024

« Suivez toujours vos rêves » : Alexandra Otieva

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Author Julia

Alexandra Otieva est une aquarelliste à la personnalité brillante unique, membre de l’Union des Artistes de Monaco et de Russie, fondatrice et directrice créative de la marque française d’accessoires « Alexandra Otieva.France ».

La créatrice du magazine en ligne Coffee Time journal, Author Julia, a invité Alexandra pour lui poser quelques questions et en apprendre davantage sur cette personne intéressante.

александра

Author Julia :

— Qu’est-ce qui te rend heureuse dans la vie ?

Alexandra :

— Le premier c’est la créativité bien sûr. Quand je peins mes tableaux, je vis. J’ai besoin de créativité comme de l’air.

Ensuite, j’adore voyagez. En plus du fait qu’on apprend quelque chose de nouveau en voyageant, on est aussi comblé et inspiré.

J’apprécie vraiment communiquer avec des personnes intéressantes.

Et enfain mes enfants, bien sûr. Tout cela me rend heureuse.

Author Julia :

— Tu te souviens de ta première visite à Paris ? Qu’est-ce que tu retiens de ce voyage ?

Alexandra :

— La première fois était très imprévisible ! En 2001, j’ai assisté à une exposition internationale en France. De nombreux artistes et photographes y étaient invités. J’étais la plus jeune parmi les délégués de notre groupe. A Saratov on a pris un bus pour aller à Paris. Pour moi, ce fut un voyage terrible. C’était long et fatiguant. A partir de ce moment, j’ai juré de ne plus voyager en bus. Nous sommes arrivés dans une petite ville Saint- Cloud située non loin de l’océan. J’ai ressenti l’attitude ambivalente des autres collègues à mon égard. En accrochant des tableaux pour une exposition, j’ai entendu d’autres artistes parler de moi. Pour eux, j’étais une jeune fille qui peignait des «aquarelles pleurnichardes» comme il les appelaient. «Pleurnichardes» dans le sens de ceux qui vous font pleurer. Je n’ai pas vraiment aimé ça, bien sûr. Alors je me suis dit : «Bien, je finis d’accrocher mes tableaux et je vais à Paris !»

Je n’avais pas assez d’argent pour le faire mais, par miracle, grâce à l’aide des organisateurs de l’exposition j’ai réussi à aller à Paris et à y louer un petit studio. Quand je me suis réveillé le lendemain matin, je n’ai même pas compris immédiatement où j’étais. C’était tellement inattendu pour moi !

J’ai apprécié Paris me promenant dans ses rues matinales. J’ai vu des bouquinistes, des cafés parisiens cosy et je me suis dit : «Quelle beauté !» J’aime vraiment Fitzgerald, Hemingway… «Pourquoi je ne suis pas née alors à leur époque?» Plusieurs années plus tard j’ai regardé le film de Woody Allen «Minuit à Paris». Il s’agissait de moi ! Autrement dit, il s’agissait de ces gens qui, quelle que soit l’époque à laquelle ils vivent, pensent toujours que c’était mieux avant……

A Paris tout était nouveau pour moi. J’ai essayé de «parcourir» tous les endroits intéressants pour lesquels j’avais assez d’argent et de temps. Je me souviens d’être assise dans un petit café… Je n’avais pas d’argent pour un dîner complet, mais je me suis commandé une assiette de fromages et du vin. Et depuis ce moment-là quand on me demande : «Pourquoi as-tu déménagé en France ?», je réponds (en plaisantant) : «Pour le fromage et le vin» !

Author Julia :

— C’est à ce moment-là que tu as réalisé que tu voulais t’installer en France ?

Alexandra :

— Pas vraiment. À l’âge de 14 ans, je me suis soudain sentie à l’étroit dans l’endroit où j’habitais. J’ai réalisé que je voulais être entourée de gens de nationalités différentes. Là où il y a un croisement de cultures. Je voulais voir le monde et vivre comme une personne du monde. Je n’envisageais pas de déménager à Moscou, mais j’ai dit à mes parents que je serais artiste et que je vivrais au bord de la mer et à l’étranger.

Et vous n’y croirez pas ! Tout le monde se moquait de moi en disant des phrases comme : «Alors, tu pars quand ?» Mais après avoir étudié un an à l’université, j’ai commencé à penser à réaliser mon rêve. Je suis d’abord allée en Angleterre. J’en suis revenue chez moi. Puis je suis allée à Paris. J’en suis revenue aussi. Alors j’ai pensé : «Où je pouvais aller ? Peut-être l’Italie ?… »

Je suis venu ici sur la Côte d’Azur par hasard. J’ai beaucoup travaillé, je voulais apprendre le français et voir ce qui attirait les artistes ici et pourquoi toute l’aristocratie russe y passait ses hivers. Le quatrième jour de mon séjour à Nice, je suis allée à la Baie des Anges, j’ai regardé la mer et j’ai vu une eau turquoise. Une seconde plus tard je me suis dit : «Je veux vivre ici et consacrer ma vie à l’art !» C’était en 2004.

Author Julia :

— Quels autres endroits aimes-tu ?

Alexandra :

— La Rome antique, pleine de mystères que vous pouvez résoudre et apprendre tout au long de votre vie. Comme je l’ai déjà dit, j’aime vraiment voyager. Même enfant, lorsqu’on me demandait ce que j’aimais le plus, je répondais : peindre, voyager, danser.

Author Julia :

— Danser? Est-ce ton hobby ?

Alexandra :

— Oui, j’adore danser ! J’ai dansé toutes sortes de danses, je voulais même aller en Argentine et en Espagne, où je pourrais étudier le tango argentin et le paso doble. Bien sûr, ma mère ne me laisserait pas aller en Amérique du Sud. Malheureusement, ici en France, ce n’est pas aussi développé. Il existe peu d’offres pour les adultes. Mais les cours de danse sont une incitation très importante à l’expression de soi et une ressource énergétique ! J’aimerais vraiment me remettre à danser.

Author Julia :

— J’espère tu vas y arriver.

Alexandra :

— Je dis toujours «tous les rêves deviennent réalité». Je suis une grande rêveuse. Je me réveille avec des rêves et je m’endors avec des rêves. La plupart de mes rêves se réalisent. Bien sûr, il faut faire des efforts pour cela, mais je suis optimiste !

александра отиева

Author Julia :

— Je voudrais te poser une question sur tes rêves d’enfant lorsque tu as commencé à dessiner. Comment etaient-ils?

Alexandra :

— Je voulais juste peindre de manière à pouvoir encadrer mes tableaux et les accrocher aux murs. C’était mon petit rêve.

Author Julia :

— Un tel rêve, comment est-il né ? As-tu vu cela quelque part ou était-ce dans ton imagination ?

Alexandra :

— Depuis l’enfance, dès que j’ai appris à tenir un crayon, je dessinais tout le temps. Ma mère m’a dit que je dessinais des images à l’envers ! Elle m’a même montré ces dessins. Il s’avère (j’ai lu cela plus tard) que les petits enfants peuvent parfois dessiner des images à l’envers.Plus tard c’est parti. Chaque moment libre je dessinais. D’abord aux crayons, puis à l’aquarelle. Je dessinais tout mon temps libre.

Author Julia :

— Et c’est ta maman qui les encadrait ou tu le faisait toi-même ?

Alexandra :

— Non, à cette époque, personne ne s’en souciait, puisqu’il ne s’agissait que de dessins d’enfants. J’ai continué à peindre, et je voulais atteindre un certain niveau pour que ce soit digne de peinture et correctement cadré. Ce n’était pas une fin en soi. Le but était d’apprendre à dessiner pour que ce soit digne d’une décoration ! C’est alors que j’ai eu envie de vivre au bord de la mer, de voyager, de visiter le monde.

J’ai toujours voulu avoir ma propre maison. Je sais parfaitement à quoi elle devrait ressembler. C’est merveilleux de rêver. C’est comme si vous peigniez une image idéale de votre vie. Malheureusement, peu de gens le font. Je connais des gens qui s’interdisent de rêver. Ils disent : « Pourquoi en rêver ? De toute façon, ça ne marchera pas ». Moi, je rêve !

Bien sûr, j’ai encore beaucoup de rêves non réalisés. Par exemple j’ai vraiment envie d’aller au Japon. Ce n’est pas encore possible. Mais je n’attends pas d’occasion, je peins des tableaux de l’Orient, et mon dernier foulard en soie est également dédié au Japon.

La même chose est arrivée avec mon tableau « Venise » que j’ai peint en 2001. Je connaissais cette ville grâce à des photos et des livres. J’ai peint quelque chose que je n’avais pas encore vu de mes propres yeux : Venise.

EN RÉALITÉ, EN CRÉANT, tu PROJETEs ton propre FUTUR

Tu imagines beaucoup, tu peins, et puis soudain tu te retrouves là, à cet endroit, dans la réalité ! Quand je me suis retrouvée à Venise, il m’a semblé qu’une des rues était exactement la même que celle que j’avais peinte sur mon tableau.

Au début de mon activité il y a eu une période assez difficile pour me former, gagner ma vie et promouvoir ma créativité. Quand je me suis un peu remise sur pied, je dépensais presque tout mon argent en voyages. Par exemple, pour partir quelques jours à Paris, plonger dans son ambiance, respirer, aller à l’opéra ou écouter du jazz. J’ai besoin de ça!

Ayant déménagé sur la Côte d’Azur, j’ai ressenti un manque de vie culturelle. Ma famille avait pour tradition d’aller souvent au théâtre, à des expositions et de visiter ce qu’on appelle des « Kvartirnik », où après les premières des gens intéressants se réunissaient chez quelqu’un pour communiquer et discuter. Il y avait toujours là des écrivains, des artistes, de jeunes acteurs. Ces conversations, discussions et échanges culturels entre les gens m’ont été très précieux. Maintenant tu réalises que tu es arrivée dans une sorte de « village », appelons-le entre guillemets, en même temps c’est une région dans laquelle il fait bon vivre et créer. Mais si tu veux quelque chose de plus, tu dois essayer d’avoir la possibilité de bouger, de voyager et de découvrir de nouvelles choses. Alors tu choisis une voiture ou un avion, une destination et tu te rends à un événement où tu pourras t’immerger dans cet échange culturel. L’ouverture de la saison à La Scala ou la première à l’Opéra de Vienne, par exemple.

Mais les grandes villes ne sont pas pour moi. Lorsque je suis arrivé à New York il y a quelque temps, j’ai réalisé que je ne pouvais pas y vivre de façon permanente, même si c’était très intéressant et excitant. Comme d’ailleurs à Londres. L’énergie de ces villes ne me convient pas ! Je les visite avec joie, mais je ne pourrai probablement pas y vivre.

Je suis toujours contente quand l’avion approche de Nice. Je vole et je vois ces palmiers et la mer turquoise… Et puis la pensée vient : « Je suis chez moi ! »

Alors je dirais ceci : « C’est agréable et paisible de vivre ici, mais sortons de temps en temps ! »

Author Julia :

— Je voulais te poser une question sur ton environnement. Lorsque tu t’es installée sur la Côte d’Azur, as-tu dû le créer ici ? Comment as-tu créé ton cercle de communication ? Qui sont ces gens ? Sont-ils partenaires ou amis proches ou pas proches ?

Alexandra :

— Je me trouve dans une situation complètement inhabituelle. D’habitude lorsque les gens déménagent, ils essaient immédiatement de s’entourer de compatriotes, de former une sorte de groupe. Moi quand je suis arrivée ici, j’ai compris que j’avais besoin d’apprendre le français. J’ai décidé consciemment de limiter mon cercle de communication russophone. J’étudiais le français et j’y étais complètement immergée pendant deux ou trois ans.

En fait, il y a ici un grand trésor de personnes intéressantes ! Au début j’avais un cercle très limité, mais petit à petit tout a changé, surtout quand j’ai commencé à progresser dans ma créativité. On a commencé à me reconnaître et à communiquer davantage. Cette communication apporte toujours du plaisir et une coopération intéressante.

Aujourd’hui, je suis membre de différentes sociétés : russe, française, monégasque et italienne. Je suis entourée de ma famille, de mes amis et de mes connaissances.

отиева

Author Julia :

— Peux-tu me parler de ton père ? Il est ton premier professeur, il avait son propre studio, comme tu me l’as dit. De quoi tu te rappelles?

Alexandra :

— Oui, papa était un graveur sur métal et il avait son propre studio. Parfois il m’emmenait avec lui et je le regardais créer ses œuvres : pour moi c’était toujours une sorte de magie ! Papa m’a expliqué comment dessiner, m’a expliqué les proportions. En général, il m’a beaucoup appris. Il aimait cuisiner et préparait de nombreux plats différents. Chez nous les portes ne se fermaient pas et les invités « affluaient comme une rivière ». C’était une personne très créative. Par exemple, il a cousu lui-même tous les costumes théâtrals pour moi sur une machine à coudre. Quoi qu’il fasse, il pouvait le faire de façon incroyable !

J’ai vraiment adoré aller au cirque. Ma mère n’a pas reconnu le cirque à cause des animaux qui y jouaient. Parfois, le dimanche, nous allions au cirque avec papa. C’était toute une action. Papa faisait toujours tout un spectacle en allant au cirque. Je devais manger un cône de glace, me moquer du clown, caresser les animaux. Papa était très sociable. Nous allions toujours dans les coulisses avec lui. Nous nourrissaient les chevaux et donnaient des bananes aux singes. C’était toute une aventure. Nous étions tout le temps en train de rire !

J’en garde des souvenirs très agréables, même s’ils sont peu nombreux. Mes parents à cette époque ne pouvaient pas me consacrer beaucoup de temps, ils travaillaient beaucoup. Mais ils ont quand même tellement investi en moi !

Cependant, papa ne m’a jamais louée. Ni dans l’enfance, ni plus tard, quand je faisais mes propres expositions. Un jour il m’a dit : « Sasha, si je te fairais des compliments, tu arrêterais de travailler dur ». Pour une raison quelconque, il avait cette opinion. Mais ses éloges m’ont vraiment manqué.

Author Julia :

— Et maman ?

Alexandra :

— Maman était très stricte. Je n’avais pas le droit de sortir, je n’avais pas de fêtes, pas de rendez-vous, rien, je n’étais occupée qu’à m’étudier. Apparemment, ma mère pensait que c’était mieux ainsi, et c’était une époque difficile et dangereuse, les années 90 !

Mais ma mère m’a soutenu lorsque, devenu adulte, j’ai commencé à danser. Malgré le fait que je rentrais très tard et qu’à cette époque il faisait trop froid (jusqu’à -27), ma mère croyait que les cours de danse étaient très importants pour moi !

En 2012, j’ai organisé une exposition personnelle en France, à laquelle ma mère a pu assister. Tout était joliment décoré, beau et élégant. À un moment donné, alors que le maire de la ville parlait de moi et de mon travail, j’ai vu les yeux de ma mère et j’ai pensé : « Mon Dieu ! Ce moment valait la peine d’être vécu ! » J’ai réalisé que ma mère était très fière de moi, même si elle m’en parlait très rarement, ne voulant probablement pas (ou ne pouvant pas) montrer ses émotions. Dans mon livre, que j’ai publié en 2014, il y a une photo de moi et de ma mère, et cette photo est issue de cette même exposition. Et d’ailleurs, ce livre avec tous mes peintures que j’ai créées pendant 15 ans a été enregistré à la Bibliothèque Nationale de France.

Author Julia :

— Quand as-tu commencé à vendre tes tableaux ? Tu te souviens de ce moment ?

Alexandra :

— Oui! Je me souviens que les gens venaient souvent me voir, ils aimaient ma créativité, mes œuvres et ils me demandaient combien cela coûtait. Je ne pouvais pas leur dire le prix. Peut-être qu’à ce moment-là je ne voulais pas les vendre, je ne voulais pas les lâcher de mes mains… Mais un jour mon bon ami, mon partenaire de danse, m’a dit : « Sasha, tu dois apprendre à libérer tes peintures pour qu’elles apportent de la joie aux autres. Parce que plus on lâche prise, plus on laisse de la place à un nouveau travail ». Il a donc su me transmettre correctement cette idée !

Puis j’ai commencé à les laisser partir lentement. Eh bien, avant cela, c’était en quelque sorte dommage, comme s’il s’agissait de mes enfants, chaque travail était très précieux.

Maintenant, je suis heureuse que chaque tableau occupe une place digne, certains d’entre eux font partie des collections de musées. Depuis, j’ai commencé à les vendre. Maintenant, peu importe à quel point le tableau m’est cher, je m’en sépare sereinement.

балет
Ballet, 2019
небо
Ciel, 2012
омар
Homard bleu, 2012

Author Julia :

— Comment est née l’idée de créer des accessoires ? Ceci est une autre ligne. Est-ce qu’il porte le même nom ?

Alexandra :

— Oui, « Аlexandra Otieva, France ». Ma marque est déposée sous ce nom en France. L’année dernière, nous avons célébré le 7ème anniversaire de la marque. La collection s’appelle symboliquement « Voyage dans un rêve ».

Author Julia :

— Tu es une personne très polyvalente ! Peut-être tu as constamment de nouvelles idées ?

Alexandra :

— Oui, tu l’as bien remarqué. Bien sûr, j’adore peindre, je suis contente quand mes tableaux trouvent leur propriétaire. D’un autre côté, je comprends que tout le monde ne peut pas acheter un tableau et accrocher chez lui. Il peut y avoir différents goûts et différents budgets. Mais si les gens aiment mon art, ils peuvent acheter l’un de mes foulards exclusifs, un chapeau ou choisir quelque chose dans ma collection personnelle. Je suis heureuse que mon art se diffuse, donne des émotions aux gens.

J’ai beaucoup d’idées. Tout a commencé par la création de robes basées sur mes peintures pour ouvrir mes journées d’ouverture. Depuis mon enfance, je rêvais d’être créatrice et je dessinais des croquis de robes. Ça s’est bien passé !

александра

александра

александра

Une autre fois, j’ai créé des couvertures de livres. Ma bonne amie, écrivain et avocate Olga Muravich de Moscou, a publié une trilogie de romans et m’a demandé de créer des couvertures pour ses livres. C’était un processus fascinant pour moi. Nous avons même présenté ses liveres à la Maison des Livres sur Arbat avec l’historien de la mode Alexander Vasiliev.

обложка книги

обложка книги

александра

À l’époque, j’ai illustré un livre pour enfants intitulé « Marusya, le chien et Pusya ». Bien que je ne sois pas illustrateur et qu’au début je ne voulais pas me lancer dans cela, parce que je pense que chacun devrait faire son travail, j’ai quand même accepté, car l’auteur – Svetlana Tarasenko – voulait voir les dessins uniquement dans mon performance, et cela s’est très bien passé. Magnifique.

J’ai également créé un service à thé d’une vingtaine de pièces à base de porcelaine de la célèbre Manufacture Impériale de Porcelaine. Aucun Limoges ne peut se comparer à cette beauté. La porcelaine la plus fine, translucide à la lumière, avec un motif basé sur ma peinture. Il n’existe que 5 ensembles de ce type dans le monde.

фарфор

фарфор

En fait, lorsque je fais une exposition, je souhaite montrer précisément ce lien et le développement de l’art en tant que tel. Pour que les gens puissent voir non seulement ce que j’ai réussi à représenter dans mes peintures, mais aussi comment cela peut s’exprimer dans d’autres domaines de l’art : dans des foulards ou, par exemple, dans une robe avec des éléments de mes peintures, ou dans de la porcelaine, des livres ou des étiquettes créées pour les vins d’élite. J’ai même créé des motifs pour le violoncelle pour le célèbre violoncelliste Borislav Strulev. Ces motifs avec des grenades de ma peinture ont été placés sur un violoncelle électrique unique.

виолончель

POUR MOI L’ART EST un MONDE IMMENSE DONT NOUS NOUS ENTOURONS

Par exemple, une collection de mes coussins décoratifs est sortie cet automne. Ils pourront s’installer confortablement dans votre salon et créer un charme unique.

Author Julia :

— Je suis d’accord avec toi. J’adore la phrase : « Les petites choses créent de grandes choses ». Une collection de coussins décoratifs est une excellente idée !

Alexandra :

— Merci ! Désormais, la collection d’accessoires se compose de foulards de différents tissus. Par exemple, les foulards en cachemire conviennent à l’automne et à l’hiver. Et en été et au printemps, il sera agréable de toucher la soie.

подушка

подушка

подушка

подушка

подушка

Comme je l’ai dit, il existe une collection de coussins décoratifs. La collection d’accessoires comprend des sacs de plage, des paréos, des chapeaux, des foulards en soie et cachemire de différentes tailles et des twillies.

отиева

Il existe également des ensembles pour hommes composés de carré de poche en soie et d’un nœud papillon. Les hommes adorent les accessoires ! Nous avons également une collection « Maman et Fille ».

À propos, la marque a des fans parmi les stars mondiales. On peut en savoir plus sur les pages du site Internet de la marque dans la rubrique Actualités.

Author Julia :

— Est-ce que tu inventes tout toi-même ou il y a quelqu’un qui t’aide ?

Alexandra :

— Les idées, bien sûr, sont toutes les miennes, basées sur mes peintures. Le développement de chaque modèle prend de six mois à un an. Bien sûr, c’est très long, mais je réfléchis à chaque détail avec beaucoup d’attention. Pour moi, c’est de l’art, pas du commerce. Le tout est produit en collection limitée, en petites quantités. L’année prochaine, nous ne nous répéterons pas, car j’essaie de créer quelque chose de nouveau.

Nous avons des clients qui commandent constamment des accessoires de la collection limitée comme cadeaux pour leurs amis ou leur famille. Ce sont ces gens qui valorisent l’exclusivité, apprécient et aiment mon travail. Le processus de don est parfois encore plus vivant que le processus de réception d’un cadeau. Puis ces clients m’écrivent des mots de gratitude et me disent combien leurs amis ont aimé les accessoires de ma collection.

Author Julia :

— Je sais que tu collectionnes le vin. Peux-tu raconter de ta collection? Une bouteille de tel vin pourrait-elle apparaître sur ta table pour une occasion spéciale, ou s’agit-il d’un caractère sacré qui restera intact ?

Alexandra :

— Je plaisantais en disant que j’avais déménagé en France à cause du vin. Oui, c’est mon ancien passe-temps. J’ai une grande collection, elle contient des objets très rares et j’en suis fière. Les sommeliers célèbres qui travaillent avec des chefs célèbres ont souvent été jaloux de ma collection. C’est un grand travail et un processus de longue haleine qui me fait plaisir. Une bouteille de vin de collection peut apparaître sur ma table n’importe quel jour, pas seulement les jours de fête. Je ne parle pas de spécimens exceptionnels et rares qui attendent une occasion spéciale, mais simplement de vins magnifiques et rares. Je suis un grand épicurien et j’aime vivre et profiter de la vie. Je crois que nous devons tout prendre à partir du moment présent. Bien sûr, ce n’est pas toujours possible, mais j’en ai vraiment envie. Je vais juste te parler d’une petite tradition de notre familie. Nous ouvrons du champagne exclusif pour le petit-déjeuner lors de nos occasions spéciales. Ainsi, le sentiment de fête dure toute la journée !

Le vin est tout un processus fascinant, de sa sélection à sa description. On peut magnifiquement décrire certains vins lors d’une dégustation ! C’est une sorte d’art. Il est important d’être au courant et de savoir à quoi s’est déroulée l’année en termes de conditions climatiques et si telle ou telle année sera exceptionnelle. Je sais comment d’acheter les vins les plus exclusifs et les millésimes rares alors qu’ils sont encore en fûts. Cela offre la possibilité d’investir dans un vin spécifique avant sa vente. Il faut être patient en attendant le moment quand le vin sera mis en bouteilles. Le vieillissement en fûts dure environ 2 ans. Lorsqu’il a déjà pris sa place dans la cave, il faudra attendre encore quelques années avant de le déguster.

Je tiens à préciser que j’ai eu l’honneur de créer 3 étiquettes pour un des vins de la célèbre région de Pomerol. Lors des expositions, il trône à l’honneur parmi les grands vins.

вино

вино

Author Julia :

— Parlons de ta technique de peinture. Comment s’appelle-t-elle et qu’est-ce qui la rend unique ?

Alexandra :

— C’est la technique « alla prima », dans mon cas c’est la technique d’aquarelle humide sur humide. C’est l’une des techniques de peinture les plus difficiles et les plus rares. La difficulté est que le tableau doit être peint en une seule séance, c’est-à-dire debout, et que le papier repose sur une surface horizontale, à l’intérieur, afin qu’il n’y ait pas de vent. Le papier est saturé d’eau et le processus commence. Sans m’arrêter, je peins un tableau. Pendant qu’il sèche, je peaufine les détails. Le résultat est une peinture multicouche.

Un plus le défi est que l’on ne peut pas se tromper car l’aquarelle est une peinture soluble dans l’eau qui pénètre dans le papier qui est 100 % coton. Une autre complexité et rareté de mes tableaux est que je peins sur des grands formats ! Personne n’utilise les grands formats, car il est difficile de « finisser le tableau », comme on dit dans le langage professionnel. Autrement dit, il doit être terminé avant que le papier ne sèche ! Dès que le papier commence à sécher, c’est le signal de finir.

Author Julia :

— Combien de temps faut-il pour créer un tableau ?

Alexandra :

— Différemment. Cela pourrait prendre trois ou cinq heures. Autrement dit, il n’y a aucune possibilité de créer comme des artistes qui peignent à l’huile: commencer le matin, arrêter, prendre du café et puis se remettre à peindre. La création des peintures à l’huile peut prendre des années. Avec l’aquarelle tu ne peus pas t’arrêter et te laisser distraire, même par un café ! De plus, l’aquarelle est une dame capricieuse, il faut y travailler dur.

Il peut aussi être difficile de commencer à créer quelque chose de nouveau. Lorsque je reprends de la peinture, je souffre parfois de ce que les écrivains appellent le « syndrome de la page blanche ». Tu as vraiment peur de commencer. Quand je commence à peindre, je ne vois pas à l’avance comment je vais finir le tableau. Parfois, je n’arrive pas à apprécier ce que j’ai écrit et j’ai besoin de faire une pause, de m’en éloigner et de le revoir le lendemain.

Cette technique ne permet pas de recopier et de réaliser des œuvres identiques. Ils sont donc tous uniques.

Author Julia :

— Pourquoi tu as choisi l’aquarelle et cette technique ?

Alexandra :

— J’ai une passion pour l’aquarelle depuis mon enfance. Cette technique de « l’aquarelle humide sur humide » est rarement utilisée, mais j’y reste fidèle depuis de nombreuses années. L’aquarelle est moins populaire que l’huile. Mais même s’ils disent que les peintures à l’huile durent plus longtemps, ce n’est pas vrai. L’huile craque, mais l’aquarelle n’a peur que de l’eau et de la lumière directe du soleil. Peut-être c’est le maximalisme juvénile qui reste en moi. Je souhaite préserver cette technique pour les générations futures. Bien sûr, cela est dit haut et fort, mais je me pose la question : « Comment vais-je le sauvegarder ? » Et je me réponds : « Uniquement avec ma peinture ». Il y a de nombreuses années, j’ai donné des cours à des enfants et je pense qu’un jour je pourrai peut-être partager mon expérience et la transmettre à mon équipe.

Author Julia :

— Si, par exemple, on te demande de dessiner des pivoines, vas-tu reprendre ou non ce qui existe déjà ?

Alexandra :

— Je ne le ferai pas. Je dirai : je ne peins pas sur commande ! Mais si je suis inspiré pour peindre une nouvelle tableau avec des pivoines, je le ferai. J’ai déjà plusieurs tableaux avec ces fleurs.

пионы
Floraison des pivoines, 2014

Author Julia :

— Qui sont tes professeurs ?

Alexandra :

— Mon professeur est Natalya Kozlova. Elle maîtrisait parfaitement cette technique de peinture. Quand je vivais en Russie, j’ai étudié avec elle. Elle a établi de bonnes bases en moi. Chaque fois que je venais à son cours, j’avais des idées folles en tête que je partageais avec elle. Mais elle disait souvent : « Tu es folle ! C’ela ne peut pas être fait.’est impossible !» J’insistais : « Je pense que c’est possible ». Dès que je commençais à travailler, tout se réalisait bien. Je me suis alors mis à peindre dans des grands formats et avec des sujets insolites.

Author Julia :

— On peut dire que tu as également élargi son champ d’action, n’est-ce pas ?

Alexandra :

— On peut dire ça. Bien sûr, elle a d’abord influencé mon style. Ensuite je l’ai élargi et trouvé le mien. Désormais, quand les gens voient mes oeuvres – peintures ou foulards – ils sont à moi. Autrement dit, grâce à mon style particulier mon travail est reconnaissable. C’est en fait assez rare chez les artistes. Je veux dire que mes oeuvres sont spécifiquement associée à moi. Ça coûte cher!

En même temps, mes peintures sont très différentes, selon les périodes de ma vie où je me trouvais au moment de créer. Lorsque je vivais en Russie, le climat et les conditions météorologiques ont marqué mon travail là-bas. Après avoir déménagé sur la Côte d’Azur, où tout est plein de couleurs vives, ces couleurs vives sont apparues dans mes œuvres.

De plus, les thèmes de mes peintures sont très différents. Parfois, lorsque les gens viennent pour la première fois à une exposition où sont exposées de nombreuses œuvres, ils ne comprennent pas immédiatement qu’il s’agit du même artiste. Mais en fait, mes œuvres ont été créées à différentes périodes de ma vie. L’œil non averti ne le voit pas du premier coup, mais ensuite, bien sûr, il commence à le remarquer.

Author Julia :

— Comment ton travail a-t-il évolué au cours de ces 25 années ? Y a-t-il eu des événements ou des moments dont tu es sûre qu’ils ont influencé ta créativité ?

Alexandra :

— Je pense que oui, bien sûr qu’il y en avait. Par exemple, je suis une jeune fille vivant à Saratov, dans certaines conditions climatiques. A cette époque, toutes mes premières œuvres étaient dans des couleurs pastel, mais avec des couleurs si profondes et intéressantes. C’est probablement ainsi que mon état intérieur a affecté mon travail. On sait que ce qui se trouve à l’intérieur se reflète toujours dans les peintures.

Quand je suis arrivée ici sur la Côte d’Azur, j’étais nostalgique de la Russie. J’écrivais les hivers russes. Les galeristes locaux me disaient : « Tu es folle, tu as besoin de gagner de l’argent, de payer ta chambre. Tu peinds l’hiver ! Il faut dessiner la mer et nous vendrons tes tableaux aux Américains ». Je ne pouvais pas leur expliquer que je ne pouvais pas peindre des tableaux sur commande juste pour vendre et gagner de l’argent. Ce n’est pas ainsi que l’art se crée ! Sinon, ce n’est pas de l’art, mais du commerce.

Tout le monde pensait que j’étais un peu hors de ce monde. Bien sûr, ici sur la Côte d’Azur il y a des couleurs extraordinaires, tout fleurit toute l’année, la mer a des couleurs irréelles ! Mes œuvres sont devenues plus juteuses et vibrantes ! C’est ainsi que la perception de tout ce qui m’entourait se reflétait dans mes œuvres.

Il était important pour moi non seulement de peindre un tableau, mais aussi d’exprimer mon monde intérieur. Par la suite, j’ai créé une série d’œuvres intitulées « Impressions ».

впечатление
Espoir, 2013 de la série « Impressions »

Bien entendu, un artiste souhaite toujours que sa création laisse une trace dans l’histoire. Quand je peins, je ne le fais jamais pour l’exposition ou la vente, mais seulement parce que cela mûrit en moi. C’est-à-dire que l’intrigue de l’image mûrit dans ma tête, et puis tout à coup elle est créée !

Author Julia :

— La naissance d’un enfant a-t-elle influencé ta créativité ou n’y as-tu pas pensé ?

Alexandra :

— Je n’y avais pas pensé avant, mais cela a probablement eu un impact. Quand mon bébé est né, j’ai commencé à tout voir différemment. J’avais 35 ans, j’avais déjà vécu beaucoup de choses, accompli beaucoup de choses, et à ce moment-là un miracle est apparu ! Dans les premières secondes de sa vie, j’ai pleuré et j’ai réalisé que toute ma vie d’avant n’avait aucun sens ! Tout ce que j’ai fait, créé, ma carrière d’artiste, mes œuvres, rien n’est comparable à cela ! Il a maintenant 8 ans. J’essaie toujours de regarder mon travail à travers ses yeux. Je lui demande son avis. Habituellement, quand je travaille, je ne laisse entrer personne, mais son avis est devenu important pour moi. Quand il sera grand, certaines de mes œuvres resteront dans sa collection, d’autres disparaîtront, d’autres encore seront transmises à ses enfants…

Bien sûr, ma vie a beaucoup changé après le décès de mes parents. Je n’aurais jamais pensé que ça se passerait comme ça. En un instant, vous perdez quelque chose de spécial qui a toujours été pré